Présentation du tournoi

Fram et Jérôme vous présentent la compétition 

ARTICLE FEDERAL ORIGINAL

Désireuse de valoriser au maximum cette compétition, la FFSquash avait augmenté la dotation globale de 6 000 à 14 000 euros l’année dernière, et ce montant a été reconduit.

Fort de son nouveau statut de membre du top 10 mondial, Victor Crouin est le favori du tableau masculin, alors que Baptiste Masotti et Auguste Dussourd tenteront de déjouer les pronostics. Chez les filles, on pourrait assister à un remake de la finale 2022, qui avait été remportée par Marie Stéphan face à Énora Villard.

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CHARTRES, UN CLUB HISTORIQUE

De nombreuses compétitions s’y sont déroulées au fil des années, mais surtout, conformément à sa politique, il a surtout reçu de nombreux championnats de France jeunes et rappellera de bons souvenirs à certains : pas moins de six joueurs et joueuses qui disputent les ‘Élite’ ont remporté un titre individuel à Chartres !

LES ABSENTS

Quelques grands noms du squash Tricolore ont privilégié le circuit international : Mathieu Castagnet, Grégoire Marche, Lucas Serme, Sébastien Bonmalais, Toufik Mekhalfi chez les garçons, Melissa Alves chez les dames.

VICTOR CROUIN EN VEDETTE

On sait déjà qu’un nouveau champion de France sera sacré samedi prochain, car tous ceux qui ont inscrit leur nom au palmarès récemment manquent à l’appel, cependant on retrouvera à Chartres trois joueurs du top 30 mondial, signe de la forte densité du squash masculin Tricolore à l’heure actuelle.

La présence de Victor Crouin (n°9 mondial), en quête de son premier titre national en senior, constituera évidemment l’attraction pour le public. Ses résultats depuis quelques mois l’ont fait rentrer dans une autre dimension.

« Il a prouvé que son début de saison, avec sa finale au Qatar et sa victoire à l’open de France, n’était pas qu’un feu de paille. Il est régulièrement présent en quart de finale et est un membre à part entière du top 10 mondial, » estime l’entraîneur national Renan Lavigne.

Grâce à ces résultats, Crouin est même en bonne position pour se qualifier pour les PSA World Tour Finals. Fort de ce statut, il sera favori à Chartres et a certainement à cœur d’enrichir son palmarès d’un premier titre de champion de France en senior.

Le Toulonnais a eu le dessus dans leurs confrontations récentes, mais deux joueurs essaieront de contrecarrer ses plans. Même s’il a atteint les 1/8ème de finale à l’US Open, Baptiste Masotti connaît un exercice 2022-2023 mitigé en PSA. Ce championnat de France Élite pourrait lui servir de rampe de lancement en vue d’une fin de saison très chargée, et son succès contre le Malaisien Eain Yow Ng le weekend dernier en Bundesliga lui permettra d’arriver en confiance à Chartres.

Quant à Auguste Dussourd, son bon début d’année civile (1/8ème de finale à Houston et au Tournament of Champions) lui a permis d’intégrer le top 30 pour la première fois de sa carrière. Le tirage au sort aura son importance, car il déterminera si Auguste est dans la partie de tableau de Baptiste ou de Victor en vue des demi-finales.

Victor Crouin et Auguste Dussourd

DEUX OUTSIDERS

Derrière ce trio de favoris, deux outsiders au profil différent se dégagent.

Vainqueur de deux tournois PSA 3 000 $ cette saison, Edwin Clain s’est rapproché du top 100, son objectif à court terme. Même si monter sur le podium sera compliqué, le Parisien (qui s’entraîne désormais au pôle France d’Aix-en-Provence) cherchera dans un premier temps à tenir son rang et atteindre le dernier carré.

Benjamin Aubert et Edwin Clain

Dans cette optique, il aura un œil attentif sur le tirage, non seulement car le premier tour peut être piégeux mais surtout pour savoir si Benjamin Aubert est dans sa partie de tableau. Empoisonné par des soucis au pied depuis deux ans, le joueur d’Annecy avait atteint la finale du PSA de Gradignan en octobre avant de rechuter, et le championnat de France constituera son tournoi de rentrée. « À l’entraînement, il y a des jours où il se sent bien et d’autres un peu moins, » précise Renan Lavigne. Il risque de manquer de rythme, mais on aura un œil très attentif sur les prestations de celui qui avait intégré le top 50 mondial début 2021.

SOUS LE SIGNE DE LA JEUNESSE

Cette édition 2023 sera incontestablement placée sous le signe de la jeunesse, et pas seulement parce que les championnats de France Interligues -13/-17 ans auront lieu en parallèle : la moyenne d’âge des participants aux ‘Élite’ (23 ans) n’a jamais été aussi basse, et les deux seuls trentenaires parmi les 32 engagés sont l’inusable Maud Duplomb et Maud Bailly, repêchée à la dernière minute suite au forfait de Ninon Lemarchand.

La moyenne d’âge du tableau masculin n’a jamais été aussi basse et à seulement 27 ans Baptiste Masotti en est le doyen ! Derrière les cinq cités plus haut, la quasi-totalité des autres joueurs sont âgés de 20 ans et moins et présentent un niveau relativement homogène.

« Pour eux aussi, le tirage au sort sera primordial et il risque d’y avoir un ou deux gros matches au premier tour, » explique Renan Lavigne.

« Dans le hiérarchie mondiale, il y a un ‘gap’ entre Lucas Serme et Edwin Clain, qui est le mieux classé parmi les jeunes. Ils ont des capacités mais leur objectif doit être de grimper rapidement. Ils sont évidemment en retard sur un Victor Crouin, qui a intégré le top 50 à 20 ans, beaucoup moins par rapport à Baptiste et Auguste. Ce championnat de France Élite est pour eux une occasion de s’affirmer.

“Leur ambition ne doit pas être seulement de se battre entre eux, ils doivent tout faire pour bousculer la hiérarchie, sachant que les joueurs plus âgés auront à cœur de tenir leur rang. J’ai hâte de voir ce que ça va donner … »

Énora Villard et Marie Stéphan

LES DAMES: UN FAUTEUIL POUR DEUX ?

VERS UN REMAKE DE 2022 ? Absentes l’année dernière en raison d’une blessure, Camille Serme et Coline Aumard ont depuis pris leur retraite et tourné la page. De son côté, la nouvelle numéro 1 française Mélissa Alves a logiquement décidé de privilégier le circuit international avec deux tournois PSA aux États-Unis, elle qui souhaite retrouver le top 20 mondial le plus rapidement possible.

« Du coup, on se retrouve un peu dans la même configuration qu’en 2022, à la différence près que Mélissa s’était blessée pendant la compétition, » confie Philippe Signoret. L’entraîneur national fait référence au statut de favorites des deux finalistes de la précédente édition, Énora Villard et Marie Stéphan. Après un début de match totalement à l’avantage de son adversaire, cette dernière était parvenu à inverser la tendance pour s’imposer en quatre jeux.

« Si la hiérarchie est respectée et qu’elles se retrouvent en finale, d’un côté Marie aura envie de confirmer, et de l’autre Énora a sans doute analysé ce qui s’est passé l’année dernière. Même si les tournois PSA sont la priorité et elles en ont plusieurs à leur calendrier au cours des prochaines semaines, le championnat de France Élite est une échéance importante – sinon elles ne seraient pas là. »

Les deux joueuses – qui sont très proches au classement mondial, 47ème pour Énora et 51ème pour Marie – ne se sont pas croisées depuis un an mais leurs affrontements sont généralement très disputés.

LE PODIUM, VOIRE MIEUX ?

Derrière les deux favorites, deux principales outsiders se dégagent. Très présente sur le circuit PSA depuis septembre (deux demi-finales), Élise Romba a récemment intégré le top 100 mondial. Même si se hisser en finale semble compliqué car elle n’a jamais battu Énora Villard et Marie Stéphan, la joueuse d’Annecy visera un premier podium national en senior.

De son côté, Ambre Allinckx avait atteint le dernier carré en 2021, avant d’être écartée des courts pendant un an en raison d’une blessure au pied. Depuis son retour en août, la jeune Franco-Suisse n’a pas encore (totalement) retrouvé le niveau qui lui avait permis d’intégrer le top 70 mondial, mais on l’a vu réaliser des prestations intéressantes au championnat du monde par équipe avec la sélection Helvétique.

Quel que soit le verdict du tirage au sort, son éventuelle demi-finale face à Marie Stéphan ou Énora Villard – qu’elle avait battue sur un PSA en Finlande en 2020, et contre laquelle elle s’était inclinée en 5 jeux pour son tournoi de rentrée au championnat d’Europe cet été – sera l’un des matches les plus attendus de la semaine dans le tableau féminin.

UN ŒIL SUR LES JEUNES.

« La plupart des autres joueuses n’étaient pas nées lorsque j’ai disputé mon premier championnat de France Élite ! » affirme avec le sourire Maud Duplomb (37 ans), de retour après trois ans d’absence. En effet, 8 des 16 engagées sont âgées de 20 ans et moins.

Parmi elles, il y a Ana Munos, qui avait créé la surprise l’an dernier en décrochant le bronze.

« J’aurai évidemment un œil attentif sur les jeunes, même si j’attache moins d’importance aux matches franco-français qu’aux résultats sur le circuit international, et on constate qu’elles ont quelques difficultés à percer, » confie Philippe Signoret.

C’est à Chartres qu’on avait découvert Lauren Baltayan fin 2016, lorsqu’elle avait remporté le championnat de France -11 ans. À 15 ans, la petite Franco-Égyptienne, qui s’entraîne au Caire, va disputer les ‘Élite’ pour la première fois et on a hâte de la voir se mesurer à des joueuses plus âgées.

« Elle a survolé les qualifications, cependant elle n’est pas tête de série et le tirage au sort sera fondamental pour elle, » indique l’entraîneur national. « On connaît son potentiel, mais il y a encore des lacunes dans son jeu et ce sera très compliqué si elle tombe sur Énora ou Marie d’entrée. »