Vainqueur de l’Open Benoît De Mot: Le squash en fil rouge…

Fram au clavier

Il y a des parcours où le squash n’est jamais vraiment loin. Parfois mis entre parenthèses, parfois freiné par les études, le travail, les voyages, la famille ou les déménagements, mais toujours là, en toile de fond. Comme un fil rouge.

Lui a commencé tout petit, presque naturellement. Son père jouait au squash, et c’est ainsi qu’il s’est retrouvé raquette en main dès l’âge de 5 ou 6 ans, au club des Bouvets, à Nanterre.

Son premier coach s’appelait Igor Rosenstein, un très bon joueur à l’époque, classé 2A. Puis le jeune joueur rejoint le pôle de Créteil, sous la houlette de Philippe Signoret, dans un groupe où l’on retrouvait déjà de beaux noms du squash français, parmi lesquels Camille Serme et Coline Aumard.

Commencent alors les tournois jeunes, en Île-de-France, un peu partout en France, puis quelques rendez-vous européens : German Open, Belgian Open, French Open… Une première vie de jeune compétiteur, jusqu’à 16 ou 17 ans.

Puis vient le temps du bac, des études, et d’un recul de quelques années. Il continue à jouer, bien sûr, mais moins intensément. Et dans le squash, on le sait, le temps file vite.

Pendant que d’autres poursuivent leur progression à plein régime, lui prend un peu de retard. Rien de dramatique, mais assez pour sentir qu’il faudra remettre de l’énergie, du sérieux, et du temps sur le court.

C’est ce qu’il fait vers ses 20 ans. Il reprend plus sérieusement, s’entraîne régulièrement, rejoue, retrouve le rythme. Entre 20 et 26-27 ans, il grimpe jusqu’à la 15e place en première série. Une belle progression, menée avec lucidité.

Devant lui, les joueurs du haut du classement sont déjà dans une autre réalité : le squash est leur métier. Lui sait qu’il est allé chercher le meilleur de ce qu’il pouvait faire dans ces conditions. Et il en garde une vraie satisfaction.

Puis la vie ouvre d’autres portes. Avec sa femme, Margot Demont, il part à l’étranger. L’envie de vivre ailleurs, de tenter autre chose. Grâce au travail de Margot dans la finance, notamment chez Club Med à l’époque, le couple s’installe à Singapour. Les voyages s’enchaînent, les expériences aussi.

Le squash suit, comme il peut. Par moments. En dents de scie. Selon les pays, les clubs, les partenaires disponibles, les infrastructures.

Puis vient l’Australie. Et là, le squash reprend toute sa place. Installés du côté de Sydney, ils retrouvent les clubs, les tournois, les matches par équipe, cette vraie culture de jeu qui donne envie de retourner sur le court encore et encore. Entre 2019 et 2022, le plaisir est là, intense, vivant.

C’est aussi en Australie que naissent leurs deux enfants.

Ensuite, direction Bali pour un an et demi. Cette fois, quasiment pas de squash. Pas d’infrastructures, pas vraiment de joueurs…

Et puis, en 2023, Lausanne. Le retour en Europe. Et avec lui, le retour d’une envie plus forte. Celle de rejouer sérieusement, avec cette petite phrase intérieure que beaucoup de joueurs connaissent : « je passe vétéran, oui, mais je sens que j’ai encore la caisse. »

L’Île-Rousse, enfin!

Le tournoi, il en entend parler depuis des années. Des amis, des collègues de squash, des joueurs autour de lui y sont allés, en sont revenus avec des souvenirs plein la tête. Mais à chaque fois, la date ne convenait pas, la disponibilité n’était pas là, ou l’étranger rendait les choses trop compliquées.

Cette fois, en Suisse, avec une équipe déjà familière du rendez-vous corse, l’occasion se présente. Les enfants sont confiés aux grands-parents. Et le voyage devient à la fois tournoi, parenthèse, vacances, et retrouvailles avec ce squash-là : celui que l’on partage.

Et manifestement, L’Île-Rousse a tenu ses promesses.

« C’était parfait. C’était génial. Super, super ambiance. Franchement, c’est exactement ce qu’on m’avait dit,.

« Et même si c’est un petit club, trois cours au final, ils ont rendu le truc hyper vivant. C’est un bonheur. Je crois qu’on s’est éclaté. Le soleil, la mer, les belles villas, les piscines, le squash, c’est super. On reviendra! »

De Nanterre à Créteil, de Singapour à Sydney, de Bali à Lausanne, puis jusqu’à L’Île-Rousse, le parcours n’a pas toujours été linéaire. Mais le squash, lui, n’a jamais complètement disparu.

Il a simplement attendu le bon moment pour revenir….